New African Woman, magazine indépendant de 100 pages

Posté par Yacine Kellib Le avr 27th, 2009 déposé en tant que Culture, Presse. Vous pouvez suivre les réponses de ce bulletin avec le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback à cette entrée

New African Woman, le supplément de 16 pages du mensuel d’information New African devient un magazine indépendant de 100 pages. Ce nouveau trimestriel est porté à bout de bras par sa rédactrice en chef, Fériel Berraies Guigny. Une casquette de plus pour cette criminologue, et diplomate. Rencontre.

Comment est né le projet New African Woman?

Afif Ben Yedder Président du Groupe de presse britannique IC publication, caressait depuis quelque temps le projet d’un féminin. Mon adhésion au Groupe de IC publications, datant  d’il y a un an déjà, l’a encouragé en ce sens. Un jour il m’a convoqué dans son bureau, alors que j’étais déjà très engagée dans New African, il m’a lâché une bombe et m’a dit « je vais créer un magazine pour vous » je lui ai répondu du tac au tac en disant « Non, vous allez créer un magazine, car vous avez trouvé la personne qui va le chapeauter » (rires) et le reste n’est plus que littérature !  [singlepic id=166 w=320 h=240 mode=web20 float=left] Mais blague à part, nous étions été encouragés par le fait qu’il y avait véritablement un manque incroyable à combler en Afrique. Nos distributeurs nous l’ont fait remarquer à maintes reprises, un féminin serait potentiellement un best seller pour IC publications si l’on savait comment s’y prendre. A ce jour, il n’y a pas de panafricain féminin digne de ce nom. Un challenge pour nous à relever et une autre façon de montrer l’incroyable versatilité de notre groupe de presse. Mes expériences par ailleurs,  avec plusieurs maisons de presse en Afrique du nord et en Afrique Subsaharienne, l’ont conforté dans son désir de mettre au monde un nouveau né féminin pour IC publications.

En quoi le magazine est-il différent de Miss Ebène, Chocolate, Amina ou Gazelle?

Nous sommes un panafricain, féminin, engagé et nous militons pour un autre genre de presse. Généraliste oui nous le sommes, mais nous entrons en profondeur dans les thématiques que nous traitons. Nous privilégions le social, l’humanitaire, la géopolitique, l’environnement, toutes ces thématiques engagées qui doivent amener à nous poser de réelles questions sur les conditions de vie des femmes africaines où qu’elles soient dans le Monde. Nous ne voulons pas faire un magazine de la diaspora, nous ne voulons pas une presse « ethnique » ou « communautaire » Nous faisons  une presse  pour le « développement durable » des femmes de notre Continent. Nous africaines de la diaspora, sommes privilégiées d’avoir des acquis que beaucoup de nos sœurs n’ont pas. Et nous voulons partager cela, tout au moins par l’information et le droit à une bonne information. Il est temps de lever le voile, sur certains tabous, des non dits, ou des ont dit qui plongent nos sœur africaines dans le silence et l’ombre.   Nous voulons parler de l’Afrique par le biais des africaines, des afro descendantes et même de celles qui ne le sont pas du moment, qu’elles apportent quelque chose à l’Afrique. Nous voulons aussi contrer les clichés réducteurs à l’encontre de nos terres d’origine. Non à l’ Afro pessimisme et à sa surmédiatisation négativiste de l’Afrique. Notre miroir à nous, n’est pas déformé ! Nous sommes intimement convaincues que l’Afrique mérite une presse digne de ce nom : libre, indépendante, objective et intelligente !

Pourquoi le magazine est-il plus  présent en Afrique et moins en France ?

J’ai répondu à cette question dans votre interrogation précédente, ce magazine est adressé à l’Afrique et nous voulons parler de ce qui se passe là bas et non uniquement de ce qui se passe en France ou en Europe pour les communautés maghrébo africaines. L’Afrique est un continent fascinant,  c’est un énorme marché en terme de lectorat, mais également en terme de sujets et  d’ histoires de vie marquantes, de personnalités qui méritent que l’on parle d’elles. Nous voulons faire le lien entre la diaspora et sa terre d’origine certes, mais il est aussi important d’être à l’écoute de l’africaine restée dans sa terre natale, de répondre à ses questions, ses inquiétudes, de parler de ses combats et de ses victoires.

Quelle est la ligne éditoriale de ce magazine féminin  qui se veut « panafricain »?

Tout ce qui touche l’Afrique dans le Monde entier, nous intéresse. Les Afrique au pluriel, les Diasporas  afro descendantes, ce magazine est destiné à l’Afrique au féminin, aux femmes noires dans le Monde, aux femmes qui sont dans le cœur africaines même si dans le corps elles ne le sont pas ! ce qui nous unit toutes ? la matrice originelle : Mama Africa !

Ce trimestriel est-il appelé à devenir dans un avenir plus ou moins proche un mensuel?

Nous l’espérons mais nous avançons à pas lents mais sûre, le magazine est un nouveau né il faut lui laisser le temps de grandir et de marquer son territoire, tout dépendra également de la régie publicitaire, les plumes de talents ne suffisent pas à elles seules à faire vivre un journal.

L’équipe était-elle exclusivement féminine?

Absolument, les hommes ont déjà assez « d’espace » comme cela  ( sourires) ! Les femmes africaines et même les journalistes africaines n’ont pas  toujours la place qu’elles méritent dans leur pays, faute de moyens et d’opportunité  et notre journal défend fermement ce droit qui est encore un privilège pour elles sur le terrain. Nous avons nos correspondantes sur le terrain et nous tenons à ce que le staff permanent soit composé  de femmes africaines. Par ailleurs, les sujets que nous traitons sont ethnoculturelles pour la plupart, et ils  ne sont pas toujours légers qui plus est, et il est important quand on les traite d’avoir « la mentalité »  capable d’aller au delà des messages! Du reste, (sourires)  je vois mal comment un journaliste  africain pourrait aborder la question du viol, de la femme battue ou de l’excision en Afrique ?

Avec l’avènement d’Internet, n’est-ce pas un pari risqué de lancer une publication papier?

Du tout, il n’y a aucune comparaison à faire, le plaisir d’avoir un journal entre ses mains, de le sentir, de le toucher, de le chiffonner s’il le faut, on ne l’a pas devant un écran ! le numérique est froid il renvoie à une sorte d’anonymat et les nouvelles technologies de l’information, Internet et compagnie ont considérablement appauvri le métier. Nous sommes les derniers dinosaures, férus d’une presse de qualité à l’ancienne que même la révolution numérique ne pourrait ternir ! Quand vous voyez un beau magazine dans un kiosque, qu’il vous appelle et vous dit «  achetez moi car je suis beau » êtes vous prête à y renoncer  ? Non je le crois pas, c’est un privilège qui se fait rare, je le concède, mais il reste irremplaçable.

Un site Internet New african Woman est-il à l’ordre du jour?

Non pas pour l’instant, nous vendons une version Internet du journal, mais nous tenons à défendre le magazine pour l’instant dans sa version originale. Il ne faut pas brûler les étapes.

Nadia Hathroubi-Safsaf

1 Reponse pour “New African Woman, magazine indépendant de 100 pages”

  1. sami dit :

    Intéressant ! à lire car la presse se meurt de nos jours!

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