Plongeons dans un monde imaginaire avec Oxmo Puccino. L’artiste engagé aux côtés de l’Unicef a écrit une chanson sur les enfants, à l’occasion des 20 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant. « Naître adulte », c’est le titre de ce morceau inédit. Quelques questions à cet artiste qui appelle les enfants à « chanter pour changer le monde ».
Pourquoi t’engages-tu aux côtés de l’Unicef ?
Je préfère laisser l’interprétation libre. Mais j’ai comme une certitude, celle que la réponse se trouve dans la chanson…
A-t-il été difficile pour toi d’écrire cette chanson, qui ne ressemble pas forcément à tes précédents morceaux ?
Elle n’a pas été évidente car je suis aujourd’hui plus concerné par cette période de notre vie où nous-mêmes devenons des parents. C’était un exercice de style, et donc un plaisir.
En interprétant cette chanson, tu penses à ta propre enfance ?
Je pense forcément beaucoup à moi lorsque j’écoute cette chanson. Ça me rappelle cette fragilité et cette impuissance face à ce monde pour lequel même les parents n’étaient pas prêts.
Tu te mets dans la peau de quel enfant lorsque tu interprètes cette chanson ?
Je puise dans la part d’enfant encore présente en moi, celle à laquelle on peut avoir accès par désir de refuge, ou pour rire.
Tu as rencontré des élèves du collège Modigliani à Paris lors de la préparation de cette chanson. En quoi les collégiens t’ont-ils aidé lors de cet atelier d’écriture ?
Je ne savais plus ce qui se passait dans la tête d’un enfant. Pour ne pas écrire dans le noir, j’ai donc dû aller à la pêche aux beaux mots, les plus usités dans le langage enfantin. Cette rencontre m’a aidé en ce sens : comprendre quelles sont leurs préoccupations, leurs craintes, leurs rêves. J’en profite pour les remercier !
Dans ta chanson, tu dis « le poison de ce monde, c’est l’ignorance » ? Tu entends quoi par cette phrase ?
Je répondrais à cette question par cette citation de Balzac qui résume assez bien ce que j’ai voulu signifier. « L’ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement. »
C’est une chanson très imagée et très poétique où tu nous embarques dans un monde imaginaire. Peux-tu nous le faire partager ?
C’est un monde imaginaire qui serait la communion de tous ces endroits secrets où nous retournons de moins en moins à mesure que nous grandissons. C’est un monde qui change selon notre désir, très fragile. On peut observer beaucoup de ces couleurs vives et gaies sur les jouets d’enfants. « Les bougies vertes », je trouvais cela joli sans raison. Puis, lorsque j’ai rencontré cette classe de collégiens, j’ai « reçu » une interprétation de la part des enfants… « Le vert représente l’espoir ». Quant à l’expression « les poupées de caramel », elle représente l’abondance de dont nous sommes friands. Et « la forêt d’émeraudes » représente la végétation luxuriante…qui devient de plus en plus précieuse car rare. C’est un mot qui m’a été « donné » par un jeune élève le jour de la rencontre.
Comment t’es venue cette phrase « pour ça papa m’a souvent dit si tu te couches tard, tu te cultives» ?
Dès que j’ai su lire, mon père m’a a
cheté des tomes entiers, l’Histoire du monde, les livres de la collection Bibliothèque verte, les livres de Pierre Gripari, « Tout l’univers », « Comment ça marche ? »… Et je les lisais tous ! Ma fille lira peut-être encore plus que moi, c’est tout ce que j’espère pour elle.
« On va chanter pour changer le monde » est le message fort de la chanson et du projet, mais quel avenir vois-tu pour cette chanson ? Et pour les enfants du monde ?
Certaines chansons apportent énormément à ma vie de tous les jours, d’ailleurs c’est à présent le cas de « naître adulte ». Il y a certaines phrases que je vais me répéter pour… m’apaiser. Quant à l’avenir de cette chanson ? Elle ne m’appartient plus car « les enfants ne sont pas vos enfants, ils sont de vous, mais pas à vous… » (Khalil Gibran).
Propos receuillis par l’UNICEF
Yacine Kellib www.novapresse.com













